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Principe et définition

Le traitement par PRP signifie : « Plasma Riche en Plaquettes ».

Le principe est de traiter une lésion tendineuse, articulaire ou musculaire ou d’effectuer un traitement à visée esthétique à partir du propre sang du patient, prélevé sous forme de prise de sang, centrifugé dans une machine, puis ré-injecté immédiatement dans la lésion ou sur le visage quand il s’agit d’esthétique .

c’est un traitement « autologue« , c’est-à-dire sans aucun autre adjuvant que le plasma issu du propre sang du patient.

Que peut-on soigner?

essentiellement :

  • le tendon rotulien (genou)
  • le tendon du coude (épicondyle et épitrochlée)
  • l’arthrose du genou
  • le tendon d’achille
  • l’aponevrose plantaire

le PRP présente également d’excellents résultats en médecine esthétique, par injections superficielles sur le visage.

Historique

 Les concentrés plaquettaires PRP sont à l’origine des dérivés du sang, utilisés en hématologie (spécialité des maladies du sang)  pour la prévention et le traitement des hémorragies en cas de déficit majeur en plaquettes. Les plaquettes sont en effet un élément constitutionnel sanguin capital, au même titre que les globules rouge et les globules blancs.

Les premières utilisations de concentrés plaquettaires autologues  remontent aux années 70/80,essentiellement en chirurgie.

L’utilisation de ce procédé s’est largement développée dans les années 90 en Amérique du Nord, en Asie et en Europe, pour prendre une place importante en traumatologie du sport depuis une dizaine d’années.

Les indications sont nombreuses, d’abord comme adjuvant chirurgical dans les réparations tendineuses, osseuses et ligamentaires, puis médicales dans les tendinopathies, les lésions ligamentaires ou musculaires et les lésions du cartilage, qu’elles soient  traumatiques (entorses, fractures ,etc..) ou dégénératives (c’est-à-dire liée à « l’usure »).

Cette pratique s’est largement répandue depuis que le comité exécutif de l’Agence Mondiale Antidopage ,réuni le 18 septembre 2010,a retiré de la liste 2011 des substances et méthodes interdites l’usage des préparations dérivées des plaquettes (PRP).

Ce procédé n’est donc pas dopant.

Mécanisme d’action

Les mécanismes naturels de la cicatrisation sur un organisme en cas de lésion sont les suivants : activation des plaquettes sanguines (mécanisme naturel d’« inflammation »), puis « agrégation plaquettaire » ( c’est-à-dire formation d’un agglomérat de plaquettes), puis formation d’un caillot (« thrombus ») et libération de facteurs de croissance, stimulant la multiplication cellulaire et donc la cicatrisation.

Le principe du traitement par PRP est de reproduire ces mécanismes de cicatrisation et de régénération tissulaire par injection dans le tissu lésé de plasma sanguin autologue concentré en plaquettes. Ce tissu peut être un tendon, un ligament, un muscle, un os ou une articulation, ou la peau. L’utilisation est purement médicale ou accompagne un geste chirurgical.

Ces plaquettes libèrent des facteurs de croissance en grand nombre, permettant la cicatrisation des tissus lésés en stimulant les cellules souches locales, et réduisent inflammation et hémorragie.

Mode opératoire

NB : l’ensemble des manipulations devant être précise et rigoureuse,  il faut compter environ 45 mn à 1 heure en tout. Ce temps est un peu moins long (30 min environ) s’agissant des injections ne nécessitant pas de guidage échographique ( arthrose de genou et esthétique du visage)

Prise de sang et centrifugation :

C’est la première étape du traitement. Elle est effectuée au cabinet, par le médecin lui-même ou une infirmière, juste avant l’injection. Cette prise de sang est réalisée à l’aide d’un dispositif spécialisé, « ACP », comprenant une double seringue. On utilise une petite aiguille à ailettes, parfaitement indolore.

L’avantage de ce dispositif est de ne jamais « extérioriser » le sang, ce qui évite les problèmes infectieux d’une part, et les risques de dégradation de la qualité du sang d’autre part.

 Le prélèvement de 15 cc  est ensuite disposé dans un container spécial, au sein d’une centrifugeuse.

 

Pendant le temps de centrifugation, le médecin effectue une désinfection soigneuse et rigoureuse de l’articulation qu’il va traiter, et une anesthésie locale.

Après 7 minutes de centrifugation, on va retrouver dans le bas du tube les globules rouges, les globules blancs et le plasma pauvre en plaquettes (liquide rouge sombre) : cette partie sera jetée.

Le plasma riche en plaquettes et en facteurs de croissance sera lui concentré dans la partie haute du tube (liquide jaune clair)

 

C’est cette partie, soit environ 5 CC, qui sera extraite grâce au système de double seringue . Après ajout d’une aiguille d’injection de taille variable en fonction de la profondeur nécessaire, le contenu de la seringue sera ensuite injecté dans la lésion.

 

Injection

  • Pour les tendons (rotulien, coude) :

Après repérage de la zone atteinte grâce à une échographie, le médecin va effectuer l’injection dans cette zone, toujours sous guidage échographique, afin de déposer le PRP le plus précisément possible.

  • pour l’arthrose de genou :

L’injection est effectuée directement dans l’articulation, comme une infiltration. Il n’est pas nécessaire d’utiliser l’échographie dans ce cas.

 

Suites

Un pansement est effectué (sauf pour l’esthétique) et sera maintenu jusqu’au lendemain. Il n’est pas utile de le refaire ensuite.

Précautions

Avant l’injection :

dans les 8 jours qui précèdent, éviter :
  • La prise de médicaments ,surtout anti-inflammatoires, aspirine, anticoagulants, antibiotiques.
  • La pratique sportive intensive
  • Une maladie virale ou bacterienne (dans ce cas le traitement devra être reporté)
dans les 24h qui précèdent :
  • éviter : repas riche en graisses ou en sucres, alcool
  • augmenter hydratation (boire au moins 2 l d’eau la veille)
le jour de l’injection :
  • boire beaucoup
  • manger 1 heure avant, ne pas venir à jeun.
  • prendre 1g de Paracetamol 2h avant environ
  • être accompagné (sauf pour traitement esthétique du visage)

 

Après l’injection :

  •  pas de prise d’anti-inflammatoires pendant 15 jours
  • éviter les soins locaux anti-inflammatoires y compris l’application de poche de froid.
  • En cas de douleur, utiliser uniquement du paracétamol.
  • Ne pas conduire après l’injection
  • Rester au « repos relatif » pendant 48H (parfois un arrêt de travail pourra être nécessaire en fonction de l’activité professionnelle et de la zone traitée)
  • Prévenir le médecin en cas de douleur importante, de fièvre, de rougeur ou d’augmentation de chaleur locale.

Effets secondaires

Le produit injecté émanant du propre corps du patient (« autologue »), il n’y a bien entendu aucun risque d’allergie ou d’intolérance quelconque, et c’est un énorme avantage de cette technique.

Bien évidemment, comme toute infiltration, il y a toujours un risque infectieux, mais celui-ci devient minime grâce à la double désinfection rigoureuse de la peau avant et après l’injection, à la désinfection de la sonde échographique, à l’utilisation exclusive de matériel à usage unique et de gants stériles.

Le PRP en médecine esthétique

Le PRP  stimule la synthèse du tissu conjonctif , de l’acide hyaluronique ,des protéoglycanes , et des fibroblastes (donc du collagène) ainsi que la cicatrisation.

Il est donc naturellement très bénéfique dans le traitement de la peau, et en particulier sur le visage et le cou. L’effet du PRP sera essentiellement régénérant, avec un effet anti vieillissement prématuré sur les cellules cutanées.

Si le mode préparatoire est exactement le même qu’en traitement des pathologies sportives, le mode d’injection est lui totalement différent.

Il se fait par micro ponctures, similaires à la mésothérapie (lien vers la rubrique), sur l’ensemble du visage.

 

Ce traitement est indolore, sans marque ni hématomes, et ne nécessite pas d’arrêt de travail, même le jour des injections.

La réalisation régulière d’injections de PRP permettra à la peau du visage de se régénérer naturellement, et sans aucun effet indésirable. L’effet bénéfique à long terme est indéniable, et ne modifie pas le relief du visage comme un comblement par exemple.

L’effet est visible environ 3 semaines après la première injection, mais beaucoup plus convaincant à 3 mois

Protocoles

(établis et effectués par le Dr Bellemans selon les études et usages les plus fréquents)

  • Arthrose de genou : 3 injections, à raison d’une injection tous les 15 jours, puis 1 injection 3 mois après la dernièrepuis réévaluation tous les 6 mois, +/- nouvelle injection en fonction de la symptomatologie.
  • Tendinopathie coude et genou : 1 injection, à renouveler si nécessaire 6 semaines après, en fonction de l’efficacité (douleur ressentie, examen clinique et contrôle échographique de la zone traitée).
  • Esthétique du visage (« PRP lift »): 1 séance par mois pendant 3 mois, puis 1 tous les 4 à 6 mois, en fonction de l’état de la peau et de l’âge du (de la) patient(e).

 

Tarifs et prise en charge

Les injections de PRP ne donnent lieu à aucune prise en charge par la Sécurité Sociale. (à savoir qu’il en est de même depuis septembre 2017 pour les injections d’acide hyaluronique dans l’arthrose de genou)

Concernant les traitements pour l’arthrose ou les tendons, une facture acquittée est délivrée au patient après l’injection, facture à faire valoir auprès de la mutuelle complémentaire, qui selon le contrat prendra ou non en charge ce type de traitement.

Il n’y a aucune prise en charge concernant le PRP en esthétique.

Le tarif  varie de 200 à 300 euro par séance, en fonction de la zone traitée et du type d’injection réalisée.

 

Annexe : Etudes et Résultats

Gerben M. van Buul a étudié l’effet des concentrés plaquettaires sur des cultures de chondrocytes (cellules cartilagineuses) humains issus de genoux arthrosiques. De nombreuses études ont montré les effets anabolisants (càd permettant le développement) du PRP sur le chondrocyte sain. Tout l’intérêt de cette étude est d’analyser l’effet du PRP sur le cartilage dégénératif. La mise en évidence d’une inhibition des processus inflammatoires encourage son utilisation dans l ‘arthrose.

E. Anitua a observé l’effet du concentré plaquettaire sur des chondrocytes issus d’articulations arthrosiques. Il a mis en évidence un rôle stimulateur sur la sécrétion d’acide hyaluronique et la vascularisation

L’utilisation des concentrés plaquettaires dans l’arthrose et les chondropathies intéresse de nombreux auteurs, cherchant à préciser leur mode d’action et à comparer leur efficacité par rapport aux injections d’acide hyaluronique (AH) ou au placebo.

Elizaveta Kon a analysé l’efficacité d’un traitement par PRP versus acide hyaluronique dans le genou atteint d’arthrose ou de chondropathie dégénérative. Le protocole retenu consistait en l’injection de 5 ml de concentré 3 fois à 14 jours d’intervalle. Les patients ont été évalués avant traitement, à 2 mois et à 6 mois. Les résultats montrent une efficacité plus grande et plus prolongée du traitement par PRP chez les patients plus actifs et  avec des lésions moins évoluées. Les résultats à 6 mois du traitement par PRP ou AH sont comparables chez les sujets plus âgés.

M. Bouvard et B. Eichene ont fait une revue de la littérature sur le sujet, ils ont retenus 6 études de haut niveau de preuve sur la chondropathie, 5 contre AH et 1 contre placebo.  L’efficacité des PRP est supérieure aux AH ou au placebo,  surtout chez les patients souffrant d’une chondropathie légère.

De plus en en plus de publications scientifiques concluent à une action des PRP supérieure ou égale à celle de l’acide hyaluronique, notamment pour les arthroses du genou débutantes, légères et modérées :

= le PRP présente donc un intêrêt majeur dans le traitement de l’arthrose, notamment du genou ++, et plutôt sur les arthroses débutantes.

Les principales études cliniques en traumatologie du sport.

Les études sont nombreuses en traumatologie du sport, cherchant à démontrer l’efficacité des injections de PRP dans les lésions musculaires, les tendinopathies chroniques et dans de nombreuses indications chirurgicales.

La tendinopathie épicondylienne ( « tennis elbow » ou « épicondylite ») a fait l’objet de plusieurs études.

M. Bouvard et B. Eichene (Journal de Traumatologie du sport, 2014) ont retenu dans la littérature 3 études à haut niveau de preuve menées sur le tendon épicondylien (injection unique, versus corticoïdes). 2 études sur 3 ont mis en évidence une supériorité des PRP, surtout à long terme.

L’aponevrosite plantaire (inflammation sous le pied) a fait l’objet de nombreuses publications. 2 études de haut niveau de preuve, de Monto RR et de Kim E et Lee JH confirment l’efficacité du PRP dans la prise en charge des aponevrosites, supérieure aux infiltrations de corticoïdes.

La tendinopathie rotulienne est une pathologie sportive parfois invalidante pour les athlètes. Moins invasif et avec des suites courtes, le PRP peut présenter une alternative intéressante à la chirurgie dans ces tendinopathies rebelles, résistantes au traitement médical bien conduit.

3 études de haut niveau de preuve sur le tendon patellaire, confirment l’efficacité du PRP surtout à long terme.

Sur les lésions musculaires cette thérapeutique semble efficace sur le délai de reprise du sport et la récidive, à condition que ce traitement intervienne au plus tard le 9eme jour après l’accident. L’auteur reconnaît que son étude présente des faiblesses en particulier sur le nombre de patients inclus et le recul insuffisant, 4 mois à 2 ans.

Rostyslav Bubnov dans une étude à haut niveau de preuve dans le traitement des lésions musculaires aigües a obtenu des résultats encourageants en particulier sur le soulagement de la douleur et la récupération physique, en terme de délai comme de qualité.

Ce qui en fait une bonne indication dans les lésions de mauvais pronostic naturel

Conclusion :

l’efficacité du traitement par PRP est réelle et certaine pour l’arthrose du genou. Elle est effective après la 3è séance en général.

L’efficacité est globalement bonne sur le tendon rotulien, le tendon épicondylien (coude) et l’aponevrosite plantaire. Elle est ressentie dans les 3 premières semaines après la séance, mais ne sera évaluée définitivement qu’à 6 semaines de l’injection.

 

L’efficacité est difficile à apprécier sur le tendon d’achille et l’épaule.